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Abstraction et sacré | Rodolfo Oviedo Vega

À l’occasion de la semaine de la FIAC et d’une nouvelle collaboration avec l’association Jour et Nuit Culture, la Galerie Au Médicis est heureuse de vous convier à l’exposition personnelle de l’artiste salvadorien Rodolfo Oviedo Vega :  » Abstraction et Sacré « .

En 2016, il est médaillé par le Sénat français grâce à son travail culturel sur la consolidation des liens entre la France et L’Amérique Latine. Il est actuellement président de l’Association culturelle Jour et Nuit Culture à Paris, une résidence d’artistes, espace de promotion du cinéma et d’expositions qui profite, annuellement, à plus de 250 artistes du monde entier depuis 2010.
En 2015, il contribue à la création de l’Association ACA pour promouvoir la culture d’Amérique centrale. Son oeuvre s’insère dans diverses collections personnelles et publiques et a exposé jusqu’à maintenant dans plus de 20 pays dans le monde. Parmi ces expositions et collections publiques, on compte le Musée Pompidou de Metz, la maison d’artistes de Teheran, la Ministère de la Défense en Espagne, le Palais Gómez à la Havane à Cuba, propriété du Ministère de Relations Extérieures de France, Collection du Prince Alberto de Monaco y du Prince Carlos de Bourbon des deux Siciles, entre autres.

« Dessinateur de formation, Rodolfo Oviedo Vega réalise ses premières toiles abstraites il y a tout juste 13 ans (2005). Il passe toute l’année suivante à sillonner l’Inde et, fasciné par la richesse des matières, des couleurs et de tout ce qui s’offre à son regard, il débute ses recherches à la fois sur la texture et sur la tâche. Il commence par incorporer dans sa peinture un ensemble de matériaux trouvés au cours de son voyage : broderies indiennes, fil d’argent, sable de l’Himalaya, feuilles de bananier… Jamais choisies au hasard, ces matières fétiches ont ce pouvoir de rendre l’Inde présente dans chacun des tableaux de l’artiste. La tache est l’autre protagoniste des tableaux que l’artiste réalise alors. Tâche de peinture, de vin, d’encre vitrail ou de brou de noix, elle symbolise la vie aussi bien en tant qu’écoulement temporel qu’élan vital.

Dans ses premières toiles, l’artiste concentre sa recherche sur ces deux éléments, matière et tâche, au point qu’ils recouvrent totalement le dessin sous-tendant ses œuvres. Ce dessin est en général le plan du lieu où l’artiste se trouve et qu’il représente en perspective aérienne ou centrale. Ces lignes noires, canevas de l’oeuvre à venir, disparaissent ensuite sous les multiples couches de peinture et de matériaux. Les phases successives de construction d’un tableau de Rodolfo Oviedo Vega s’accordent avec sa conception de la peinture en tant qu’objet destiné à être regardé. Toute œuvre, selon lui, a un temps de lecture. Il faut tout d’abord qu’elle dégage une présence suffisamment intense pour exercer son pouvoir d’attraction sur le spectateur. Arrivé devant la toile, celui-ci entreprend de la lire, la saisissant dans son ensemble ; c’est pourquoi le peintre l’ordonne comme une partition, créant des rythmes où s’alternent les pleins et les vides. Enfin, certaines toiles offrent au spectateur la possibilité de se perdre en s’intéressant aux détails, à chaque élément de la peinture considéré isolément ou comme une partie d’un réseau de significations. On lit ici des inscriptions gravées dans la matière picturale, là des éléments en relief, puis le regard pénètre dans les couches de couleurs superposées dans des jeux de transparence.

Si cette conception de la peinture est une ligne directrice dans l’art de l’artiste, l’année 2013 marque un tournant dans son œuvre. Il est le fruit d’un deuxième long voyage qui vient nourrir sa recherche artistique. Durant l’année 2012, Rodolfo Oviedo Vega traverse l’Amérique Latine à moto, partant du Salvador pour arriver à la pointe du Chili. Le premier résultat artistique de cette expérience humaine est une toile datant de la fin 2013 Composition Perspectiva N°1. Celle-ci ouvre une nouvelle phase de son travail : les textures et les profondeurs de ton sont intégrées dans une recherche qui redonne au dessin sa fonction organisatrice. À partir de cette œuvre, les compositions de Rodolfo Oviedo Vega tendent à une abstraction beaucoup plus géométrique. L’inspiration formelle de l’artiste retrouve des thèmes quasi figuratifs comme la rencontre de la droite d’une route avec la ligne de l’horizon ou les arcs brisés d’une cathédrale byzantine. L’attention de l’artiste se déplace : matières, textures, taches sont à présent considérées seulement pour leurs qualités plastiques car c’est à la forme et au dessin que revient la fonction de signification. Les œuvres récentes s’organisent autour de formes symboliques signalant l’intérêt de l’artiste pour ces formes extrêmement simples, tels que la croix ou le cercle, chargées de significations et que l’on retrouve dans une grande variété de cultures éloignées dans le temps et l’espace. Parallèlement à cette recherche formelle et symbolique, une nouvelle matière entre dans son art : en 2014, la feuille d’or fait son apparition comme nouveau matériau privilégié des tableaux de l’artiste. Jouant sur les effets de lumière et les contrastes de couleurs, il appuie sa recherche sur la spiritualité et le sacré tels qu’on les retrouve dans toutes les civilisations humaines. L’or investit ses tableaux en référence aux icônes byzantines et au premier humanisme de Giotto mais aussi au Dieu Soleil de l’Égypte ancienne ou encore à la mystique Maya.

Tout en continuant sa recherche sur les matériaux et la couleur, Rodolfo Oviedo Vega dépasse ainsi sa première approche artistique pour créer des œuvres où le dessin et la portée symbolique repassent au premier plan. »

Sarah Pellé | Historienne de l’art